Hommages rendus à l'Honorable Célestin Leroy Gaombalet lors de ses obsèques à Créteil

Actualités - 13/02/2018

Hommage 

A l’Honorable  Président  Célestin Leroy GAOMBALET

Par l’Honorable  Abdou Karim MECKASSOUA

Président de l’Assemblée Nationale de la République Centrafricaine

Valenton ,Vendredi 09 février 2018

 

Mes chers compatriotes,

Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames et Messieurs,

 

Il est des disparitions qui ébranlent. Celle du Président Célestin Leroy GAOMBALET est de celles-là.

Ebranlement d’une famille avant tout, une famille qui perd un être aimé, un frère, un mari, un père, un grand père. Aux membres de la famille et à tous les proches de l’Honorable Président GAOMBALET, je voudrais demander qu’ils veuillent bien accepter que nous nous associions à leur douleur, qui doit être immense.

Au-delà de la famille, il y a aussi l’ébranlement pour une Nation toute entière.

Chers compatriotes,

J’ai bien conscience que ce que je viens de dire peut apparaître en contradiction avec ce que chacun d’entre nous a constaté ou constate encore.

En effet, voici un digne et honorable citoyen centrafricain, voici un Homme d’Etat dans le sens le plus noble du mot qui, non seulement a expiré son dernier souffle hors des frontières de la mère Patrie, mais qui, en plus, est porté dans les entrailles d’une terre autre que celle du Centrafrique qu’il a tant chéri et servi tout au long de sa vie. Un Grand parmi les Grands de cette terre de Centrafrique qui s’en va sans tous les honneurs dus à son rang et à son œuvre, et sans la pleine marque, pourtant méritée, de la reconnaissance de notre Nation.

L’ébranlement ici n’est pas seulement d’avoir perdu une des Grandes figures de notre pays. Elle est aussi et surtout de voir à l’occasion de ce décès combien notre cher pays a perdu les repères et les valeurs les plus élémentaires. Il n’y aura pas de redressement pour notre Etat si nous ne nous employons pas énergiquement à restaurer ces valeurs et à replanter les repères d’une société, d’une Nation et d’un Etat dignes de ce nom. Cela passe notamment par l’honneur à rendre à celles et ceux qui ont porté notre destin collectif sur leurs épaules. C’est le sens de ma modeste présence ici aujourd’hui, et c’est le sens que je vois aussi à la présence de Monsieur l’Ambassadeur, qui représente notre Etat en France.

Chers compatriotes,

La vie de l’Honorable Président GAOMBALET doit, dans cette œuvre de reconstruction, nous inspirer, de par les valeurs que cette vie a incarnées.

Sur cette vie, l’essentiel a déjà été dit, notamment par Monsieur l’Ambassadeur dans son oraison funèbre. Je voudrais pour ma part insister tout particulièrement sur ce qu’elle inspire, sur ce qu’elle doit nous inspirer : l’ardeur au travail et l’amour du travail bien fait, la priorité donnée à la compétence, le désintéressement dans la gestion de la chose publique, le sens de l’intérêt général dans la conduite des affaires de l’Etat.

Nous avons plus que jamais besoin que ces valeurs redeviennent la référence en République Centrafricaine.

Le Président GAOMBALET  incarnait tout cela. Mais il incarnait plus encore. Dans ce plus, il y a une qualité rare qui force l’admiration : celle d’homme du consensus, mais pas de n’importe quel consensus, pas d’un consensus mou et trouble, mais d’un consensus de conviction. Cela, ce tour de force d’allier consensus et engagement, seuls les hommes respectables et respectés peuvent le réussir.

Enfin, le Président de l’Assemblée Nationale du retour à l’ordre constitutionnel que je suis, ne peut pas ne pas mentionner ce fait : celui que nous pleurons aujourd’hui a été le Président du dernier parlement démocratique centrafricain avant celui-ci. Son action nous inspire encore tant en ce qui concerne l’affirmation de l’autonomie du pouvoir législatif qu’en ce qui concerne la construction de relations apaisées entre le Législatif et l’Exécutif, et cela sans rien sacrifier des prérogatives constitutionnelles des uns et des autres.

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs,

Et surtout, cher Collègue, Excellence Monsieur le Premier Ministre, Honorable Président,

Je suis venu ici rendre l’hommage d’un compatriote à un Centrafricain de haute valeur, mais aussi et surtout celui du peuple centrafricain tout entier à travers ses représentants siégeant à l’Assemblée Nationale ; hommage à celui qui a porté haut le flambeau de la démocratie dans un temps de paix et de concorde qu’il nous faut retrouver.

Puisse votre exemple nous servir de guide.

Honorable Président,

Vous avez eu une vie bien remplie au service des vôtres et de notre Nation.

Reposez en paix à présent.

 

 

Mots d'Adieux 

 

A l’Honorable  Célestin Leroy GAOMBALET

Ancien Président de l’Assemblée Nationale Centrafricaine

Par SEM Michel GBEZERA-BRIA

Ambassadeur de Centrafrique à Paris

Paroisse Saint - Christophe Vendredi, 9 Février 2018

 

C’est connu : un pays est d’abord un sol  mais  un sol  particulier qui rassemble sur lui et autour de lui des  femmes et des hommes avec une identité précise. Il émane de  ceux-ci une chaleur singulière  ou plutôt  un sentiment  spécifique, celui   d’appartenir  à une nation. C’est ce sentiment  qui nous rassemble   aujourd’hui , sans distinction aucune de nos origines et de nos croyances si ce n’est que  d’être Centrafricain, pour partager la peine d’une famille, rendre honneur et  dire  l’ultime au revoir  à  l’un des  nôtres , Célestin Leroy   GAOMBALET. 

Acceptez Honorable Abdou Karim MECKASSOUA, Président de la Sixième législature et 2èmé personnalité de l’Etat notre respect et les remerciements de la famille et de la diaspora de vous compter parmi nous.  Ici , Je me permets  également , au nom de la République Centrafricaine , de remercier  les amis et connaissances, qui  se sont joints  à nous en ces instants de retour sur soi, d’interrogation  sur le sens d’une vie  mais aussi d’espérance  en cette église .

Car, l’appartenance, l’identification  à une nation conduit à cette simple et primordiale question : quelle pierre, si petite soit-elle, la femme ou l’homme d’un  pays a posé ou pose pour son édification et pour le renforcement de  cette identité ?

Agir pour sa Patrie, s’engager, avec des erreurs et des fautes qui pourront être redressées mais agir  même dans la tourmente, la tempête ; et ce malgré les critiques. C’est ainsi  aimer sa Patrie et aussi construire l’espérance !

Bachelier en  série philosophie au lycée Savorgnan de Brazzaville, Licencié et diplômé d’études supérieures de droit public et   sciences économiques à Assas Paris, diplômé d’études supérieures de l’Ecole nationale  des douanes de Neuilly, le Président  GAOMBALET qui s’est éteint  le  17 décembre 2017  a été , dans la discrétion propre au travailleur, ce commis  de l’Etat dont la prévalence de l’intérêt général a été le guide.

Disponible pour  la  République jusqu’à  son départ à la retraite en l’an 2000,  notre Compatriote  a commencé à servir celle-ci  d’abord dans son département d’origine, le ministère régalien des finances.

Il  y a occupé des fonctions d’autorité comme Directeur national des douanes, Secrétaire général du Ministère  des Finances et  des fonctions d’inspection  comme Inspecteur central des finances  et Inspecteur général  des finances chargé du Trésor Public dont l’unicité est l’une des conditions de la bonne gestion des finances publiques. En effet, il ne peut y avoir d’autres caisses de l’Etat que celle du Trésor, ce qui confère à son titre toute la puissance de l’Etat .C’est dire l’importance et la sensibilité de la fonction  qui a été celle du fonctionnaire GAOMBALET.

Celui-ci  poursuivra la carrière financière comme Directeur général de l’Union Bancaire en Afrique Centrale (Ubac), Directeur Général de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), Directeur général adjoint de la Banque Populaire Maroco –centrafricaine (la BPMC).

La compétence dans son domaine le conduira à présider ou à être membre des Conseils d’Administration  de  plusieurs sociétés d’Etat ou d’économie mixte comme   les Assurances Siriri, la CENTRAHYDRO, la BNCD,  l’UBAC, la SOCOCA, la CENTRAPALM.

En 2003,  Célestin Leroy GAOMBALET, cet homme de consensus, d’un calme remarquable  et d’une grande capacité de travail sera distingué par le nouveau Chef de l’Etat pour conduire  le  gouvernement  comme Premier Ministre de la Transition pendant deux ans.

C’est alors que le commis de l’Etat franchira cette étape supérieure que peu d’entre eux  quelques soient leurs grandeurs franchissent : celle de proposer une vision globale  pour la société et de soumettre cette vision à l’appréciation de compatriote. Le compatriote GAOMBALET s’engagera résolument en politique dans le parti KNK dont il sera au demeurant  le  Premier Vice-président.

Au nom de ce parti, il se soumettra au choix  pour la députation et sera élu Député de BAMBARI 2 comme l’un des représentants de la plus importante préfecture  de notre pays, la OUAKA, du nom de ce majestueux cours d’eau que j’ai découvert  lors d’une  sortie  organisée de lycéens à Bambari en 1964.  Remarquable préfecture en effet  à cause de :

·       la densité de sa population : sa contribution à la formation des Oubanguiens et Centrafricains puisque Bambari abrite le centre de formation des instituteurs ;

·       sa richesse agricole puisqu’elle abrite notamment l’unique sucrerie de la République Centrafricaine ;

·        la OUAKA  est connue également pour sa richesse minière entre autres  en or, diamant, et je note que le premier diamant oubanguien a été découvert dans les environs de IPPY ;

·       sa culture représentée notamment par cet  extraordinaire  ensemble   de musique traditionnelle, les BROTOS et ;

·       même  son histoire   en Afrique Centrale puisque  Bambari fut  le lieu d’exil du Premier Président du Gabon, Léon MBA.

Les collègues  du député GAOMBALET l’éliront  Président de la cinquième législature et cela de 2005 à 2013. A ce titre, il officiera comme Président de Chambre des Parlementaires de la francophonie et bien sûr comme chef de délégation aux réunions des Présidents des Parlements de l’Union Africaine.

Les distinctions qui ont honoré aussi bien le fonctionnaire, le Premier Ministre et le Président de l’Assemblée Nationale attestent  du rôle qui a été le sien pour concourir à poser sa pierre pour la République centrafricaine. Il aura été décoré dans l’ordre du Mérite agricole, Médaille d’Or  du Mérite sportif, Grand Officier et puis Grand-croix du Mérite National, Grand officier dans l’ordre du Mérite Cultuel de la République Centrafricaine sans compter qu’il est Chevalier dans l’Ordre National du GABON et Commandeur dans l’ordre de la PLEIADE de de la Francophonie.

A la fierté de l’épouse, des enfants  GAOMBALET, de sa grande famille et de manière générale celle des ressortissants de la OUAKA   se mêlent la fierté et la reconnaissance de la Patrie, la République Centrafricaine dont  les Institutions,  le Chef de l’Etat en tête ainsi que  le Président de l’Assemblée  National  ont rendu, à travers des cérémonies spécifiques, l’hommage qui sied à ce Grand Compatriote.

Appartenir à un pays, à une entité est d’œuvrer donc  pour cette entité et identité. Le destin a voulu et permis que le Centrafricain  Célestin Leroy GAOMBALET ait servi la République  Centrafricaine  à un niveau très élevé. Mais cette mission de poser une pierre blanche, de nous serrer les coudes autour de cette République Centrafricaine revient à chacun de nous.

C’est semer  et persévérer à semer, malgré la tourmente  que traverse notre Patrie,  les graines de l’espérance qui  germeront, muriront et répandront  telle de la soie, les  solides  fils  de la concorde, de la fraternité et donc de l’unité, de  la dignité  et du travail.

Un dernier mot personnel : dans le long chemin de  la servitude de l’Etat, Célestin et moi nous sommes retrouvés au Contrôle Général d’Etat comme Contrôleurs. Nous  avons alors sympathisé  et  avons pris la coutume de nous chahuter et notamment  de dire qu’il faut toujours être actif. Nous avons  conservé ce mot d’être actif et de bouger  comme une sorte de salutations quand on se croisait quelle que soit nos fonctions dans l’appareil d’Etat et même dans le refuge du camp militaire  de Bangui Mpoko en 2013 qui était le nôtre.

Voilà, Célestin, bien Cher Ainé, tu ne bouges plus, dormant pour l’éternité dans la félicité chrétienne et il m’a incombé   cette mission de te présenter. Ta disparition physique n’annihile pas ton engagement pour  la République, reconnaissante. Car comme disaient,  les Romains pour les grands hommes, « opera sequuntur illos » c’est-à-dire leurs  œuvres les suivent : ton œuvre te suit  et survivra.

 Tu as servi ta Patrie et porté ta part de l’espérance pour notre République Centrafricaine, une indivisible et fraternelle.

Adieu Compatriote Célestin Leroy GAOMBALET, ancien Premier Ministre, Ancien Président de l’Assemblée nationale.

 

 

 

Oraison  Funèbre de Célestin Leroy GAOMBALET

Créteil le 9 Février 2018

Par Emile NDJAPOU

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Vous tous ici présents:

            - Personnalités françaises et centrafricaines, en vos grades et qualités,

            - Parents, amis et connaissances du regretté Célestin Leroy GAOMBALET

            - Compatriotes venus des quatre coins de la France et de l'étranger,

 

            Arrivé spécialement du pays depuis quatre jours, c'est avec une tête extrêmement lourde que je prends la parole en cette triste journée, au nom des familles GAOMBALET, NDJAPOU, MAZETTE, GONOPORO, NGUENDET, KOUZOUNGUERE, ADJA, REDJEKRA, en ma qualité de nouveau patriarche de ce CLAN depuis la disparition du défunt Célestin Leroy GAOMBALET que nous pleurons aujourd'hui.

            Cette lourdeur est due, non seulement au douloureux évènement que nous vivons en ce moment, mais aussi au triste traitement réservé aux dépouilles de ce dernier.

            Avant de partir de Bangui, vous ne pouvez pas savoir combien j'ai été inondé de coups de téléphone, de questions, de whatsApp, de visites à mon domicile, au travail, dans les rues, partout où j'allais, de la part des personnes, de très nombreuses personnes, pour ne pas dire une bonne partie de la population banguissoisse, qui voulaient savoir quand allait arriver le corps de l'ex- Président de l'Assemblée Nationale de leur pays.

            Imaginez l'étonnement, la perplexité voire l'indignation ou même la déception des gens lorsqu'ils apprirent que les obsèques n'auront pas lieu à Bangui, mais plutôt à CRETEIL en France. A titre d'illustration, permettez que je vous livre le sentiment de quelqu'un qui me disait, je cite: " Le sort du corps de feu Célestin Leroy GAOMBALET me donne le sentiment que ce dernier est abandonné dans le désert, perdu dans les dunes, en train de se débattre péniblement pour atteindre un oasis, ou égaré au pôle nord dans la neige cherchant en vain un endroit pour se réchauffer".

            En effet, du point de vue de l'Histoire, les générations à venir ne comprendront pas et auront ce même sentiment que l'illustre défunt Célestin Leroy GAOMBALET, ancien Premier Ministre, ancien Président de l'Assemblée Nationale qui appartenait aussi bien à sa famille qu'à la Nation tout entière, laquelle devant rendre au grand Commis d'Etat qu'il fut, les derniers honneurs dignes pour les grands services rendus à son pays, aura été "jeté" par désinvolture dans l'ignorance après sa mort, sans la moindre reconnaissance aucune. Vraiment, il ne méritait pas d'être ainsi couvert d'opprobres pour ce qu'il fut et ce qu'il fit pour son pays la République Centrafricaine.

            En effet, Célestin Leroy GAOMBALET fut né le 1er janvier 1942 à GRIMARI de Abel GAOMBALET, l'un des premiers fonctionnaires formés par les tous premiers colons, pour servir de cadres intermédiaires au moment de la colonisation de l'Oubangui-Chari. Son fils Célestin Leroy bénéficia de cette position pour effectuer de brillantes études, sanctionnées par les diplômes suivants:

            - Bac philo ( au Lycée SAVORGNAN DE BRAZZA  République du Congo);

            - Licence et D.E.S. de droit public (Université de Droit et Sciences Economiques de la Rue d'Assas à Paris);

            - Diplôme d'Etudes Supérieures (Ecole Supérieure des Douanes à Neuilly s/Seine en France).

            Revenu au pays, bardé de tous ces diplômes, il s'est vu confier diverses responsabilités dans la Fonction Publique, dans les banques et au plan politique.

            Dans la Fonction Publique, il occupa les fonctions allant de Directeur National des Douanes; Directeur de l'Enregistrement, du Timbre et des Domaines; d'Inspecteur Central des Finances; de Chef de Cabinet et Conseiller Technique du Ministre des Finances; de Contrôleur d'Etat à la Présidence de la République;, de Secrétaire Général du Ministère chargé du Trésor Public, jusqu'à faire valoir ses droits à la retraite en janvier 2000.

            Au niveau des Banques, il fut Directeur Général de l'Union Bancaire en Afrique Centrale (UBAC-RCA 1979-1982); Directeur Général de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC 1982-1992) à BRAZZAVILLE au Congo; Directeur Général Adjoint de la Banque Populaire Marocaine (BPMC-RCA 1992-2002).

            En politique, il fut Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition (2003-2005), Député de BAMBARI 2 de 2005 à 2013, Président de l'Assemblée Nationale de 2005 à 2013; Premier Vice-président du Parti politique KNK.

            Il faut ajouter qu'il fut Chef de délégation des Experts à de multiples Rencontres et Sommets de Chefs d'Etat ou à des Réunions des Ministres des Finances de la Zone franc; Président de Chambre des Parlementaires de la Francophonie ou de l'OUA; qu'il assura aussi la présidence du Conseil d'Administration de diverses Sociétés d'Etat du pays.

            Toutes ces responsabilités remplies avec zèle et efficacité lui ont valu des récompenses traduites en distinctions honorifiques à un grade supérieur, tant au niveau national qu'à l'extérieur.

            Au niveau national:

            - Officier du Mérite Agricole;

            -Médaille d'Or du Mérite Sportif;

            - Grand Officier dans l'Ordre du Mérite Culturel;

            - Grand Croix dans l'Ordre  du Mérite National;

 

            A l'étranger:

            - Chevalier dans l'Ordre National du GABON;

            - Commandeur dans l'ordre de la Pléiade (Francophonie)

 

            Maintenant, permettez que je m'adresse à tous ceux qui regrettent que la sonnerie aux morts n'ait pas raisonné sur les dépouilles de Célestin Leroy GAOMBALET à l'occasion d'Obsèques officielles au pays, ou à ceux qui sont chagrinés que le son funèbre du tam-tam n'ait pas retenti sur lui de son ensevelissement à minuit, comme le veut la tradition du terroir de notre tribu. Qu'ils soient rassurés que quand bien même le corps de Célestin Leroy GAOMBALET serait enterré aujourd'hui ici en France, sa seconde patrie, il sera toutefois ramené dans son pays d'origine, de manière traditionnelle. En effet, sachez que chez nous, lorsqu'une personne est décédée et enterrée en dehors de son village, un membre de sa famille se rend à l'endroit de sa disparition et, selon un procédé rituel, ramène son esprit dans son village, pour qu'il vive sur la terre de ses ancêtres, parmi les siens, comme le dit BIRAGO DIOP.

            Célestin Leroy GAOMBALET, notre baobab, toi qui avais un sens aigu de la famille, comment pouvons-nous à présent imaginer notre village sans son baobab pour nous  rassembler. Tu avais une capacité d'écoute exceptionnelle, recevais des coups sans réagir, préférant les éviter plutôt que de les affronter. Ton calme déroutant auquel nous étions habitués va nous manquer. Ta grande générosité discrète dont tu faisais montre à l'endroit, non seulement de tes parents mais de tout le monde, qui pourra désormais l'incarner mieux que toi?

            Je suis certains que tes collaborateurs, tes amis et tous ceux qui te connaissent partagent avec moi ces sentiments qui ne sont d'autres choses que des prières adressées au Tout Puissant pour qu'Il t'accueille auprès de Lui.

            A titre d'illustration j'ai transcrit intégralement ce que l'un de tes plus proches collaborateurs a écrit: " ...Il fut un grand homme d'Etat, grand par sa simplicité, sa sociabilité, son humilité et ses compétences.. Sa disponibilité d'écoute a fait de lui un sage. Nous retiendrons de sa vie, sa grande rigueur morale, sa tolérance et son dévouement sans faille. Aujourd'hui, c'est un père que nous pleurons et honorons. Il est parti trop tôt dans la pleine possession et la maîtrise de toutes ses capacités morales et intellectuelles en laissant un grand vide que nul  ne saura combler. Pour tout le bien qu'il a fait sur cette terre, que sa récompense divine soit grande et complète, que Dieu Tout Puissant l'accueille et l'installe dans sa demeure éternelle et le couvre de sa grâce".

            Célestin, même si ton corps demeure dans  ta seconde patrie loin de ton pays d'origine, sois néanmoins en paix!

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